L’arc de triomphe de l’Étoile souvent appelé simplement
l'arc de triomphe, construit de 1808 à 1835 sur ordre de Napoléon, est situé à
Paris dans le 8e arrondissement, sur la place de l’Étoile, à l’extrémité ouest
de l’avenue des Champs-Élysées, à 2,2 kilomètres de la place de la Concorde.
Haut de 50 mètres, large de 45 mètres et profond de 22 mètres, il est géré par
le Centre des monuments nationaux1. La hauteur de la grande voûte est de 29,19
mètres et sa largeur de 14,62 mètres. La petite voûte, quant à elle, mesure
18,68 m de haut et 8,44 m de large.
La place de l'Étoile forme un énorme rond-point de douze
avenues percées au xixe siècle sous l’impulsion du baron Haussmann, alors
préfet du département de la Seine. Ces avenues « rayonnent » en étoile autour
de la place, notamment l’avenue Kléber, l'avenue de la Grande-Armée, l’avenue
de Wagram et, bien sûr, l’avenue des Champs-Élysées. Des pavés de couleurs
différentes dessinent sur le sol de la place deux étoiles dont les pointes
arrivent pour l'une au milieu des avenues, pour l'autre entre les avenues.
Ce site est desservi
par la station de métro Charles de Gaulle - Étoile.
Napoléon Ier, au lendemain de la bataille d'Austerlitz
déclare aux soldats: « Vous ne rentrerez dans vos foyers que sous des arcs de
Triomphe » et par un décrêt impérial en date du 18 février 1806 ordonne la
construction cet arc de triomphe consacré à perpétuer le souvenir des victoires
des armées Françaises. Son projet initial était d'en faire le point de départ
d'une avenue triomphale traversant notamment le Louvre et la place de la
Bastille.
Inscriptions à l'intérieur de l'arc de triomphe relatant la
construction du monument
Pour la conception du monument, l'architecte Chalgrin fut en
concurrence avec son confrère Raymond, chargé de collaborer avec lui. Le
premier souhaitait orner l'arc de colonnes isolées tandis que le second les
voulait engagées, l'incompatibilité de ces deux conceptions rendant impossible
toute collaboration entre les deux architectes. Un arbitrage rendu par
Champagny, ministre de l'intérieur, força Raymond à se retirer honorablement.
Chalgrin supprima alors les colonnes de son projet.
La première pierre fut posée le 15 août 1806. Les fondations
exigèrent deux années de chantier. En 1810, les quatre piles s'élevaient à
environ un mètre au-dessus du sol. À l'occasion de son mariage avec
l'archiduchesse Marie-Louise et de l'entrée de celle-ci dans Paris, l'Empereur
délégua des crédits qui permirent à Chalgrin de construire une maquette en
vraie grandeur en charpente, stuc et toiles peintes qui resterent assez
longtemps en place et sous laquelle la princesse passa. L'architecte mourut assez subitement en 1811,
suivi, huit jours après lui, par son confrère Raymond.
Lors des
premières défaites napoléoniennes (Campagne de Russie en 1812), et des
évènements de 1814 l'arc de triomphe élevé jusqu'au voûtes, la construction est
interrompue, puis abandonnée sous la Restauration, avant d'être finalement
reprise et achevée entre 1832 et 1836, sous Louis-Philippe Ier. Les architectes
Louis-Robert Goust puis Huyot prirent la relève sous la direction de Héricart
de Thury.
L'Arc de
triomphe de l'Étoile est inauguré le 29 juillet 1836 pour le sixième
anniversaire des Trois Glorieuses. Au départ, avait été prévue une
grande revue militaire en présence de Louis-Philippe. Mais, alors que celui-ci
venait d'être visé par un nouvel attentat le 25 juin, le président du Conseil,
Adolphe Thiers, convainc le roi de s'abstenir. La revue militaire est
décommandée et remplacée par un grand banquet offert par le roi à 300 invités,
tandis que le monument est inauguré en catimini par Thiers, à sept heures du
matin.
En 1842, Honoré de Balzac en a fait un symbole de la
fidélité des soldats à l'Empereur : « mais tous les cœurs, même les plus
hostiles à l'empereur, adressaient au ciel des vœux ardents pour la gloire de
la patrie. Les hommes les plus fatigués de la lutte commencée entre l'Europe et
la France avaient tous déposé leurs haines en passant sous l'arc de triomphe4 »
L'arc de triomphe de l'Étoile fait l'objet d'un classement
au titre des monuments historiques depuis le 6 février 1896.
L'Arc de
Triomphe fait partie maintenant des monuments nationaux à forte connotation
historique. À ses pieds se trouve la tombe du Soldat inconnu de la
Première Guerre mondiale. La flamme éternelle qu’il abrite, est avec celle de
l'autel de la Patrie à Rome la première du genre depuis l’extinction de la
flamme des Vestales en 391. Elle commémore le souvenir des soldats morts au
combat et ne s’éteint jamais : elle est ravivée chaque soir à 18 h 30 par des
associations d'anciens combattants ou de victimes de guerre. Depuis 1923, année
de l'allumage de la flamme qui veille sur la tombe du Soldat Inconnu, ce geste
de ravivage symbolique a été accompli chaque soir, même le 14 juin 1940, jour
où l'armée allemande est entrée dans Paris et défilait sur la place de l'Étoile
: ce jour là, le ravivage a eu lieu devant les officiers allemands qui ont
autorisé la cérémonie.
L'association
La Flamme sous l'Arc de Triomphe, qui regroupe cinquante membres appelés
"Commissaires à la Flamme", est en fait une fédération
d'associations, maintenant issues de milieux qui ne sont plus uniquement
d'origine militaire ou anciens combattants. Elle organise les cérémonies
de ravivage ainsi que les dépôts de gerbes et prises de Flambeau par les
associations qui la constituent et accueille les personnalités françaises et
étrangères qui y participent. Il y a chaque jour, au minimum deux et la plupart
du temps, plusieurs membres du Comité de la Flamme sous l'Arc de Triomphe pour
accueillir les associations qui viennent tour à tour raviver la Flamme du
Souvenir, chaque soir, à 18 h 30.
En février 2008 fut inaugurée la nouvelle scénographie
permanente de l'Arc de Triomphe due à l'artiste Maurice Benayoun et à
l'architecte Christophe Girault. Renouvelant l'exposition des années 1930, cette nouvelle muséographie
accorde une large place au multimédia. Intitulée "Entre guerres et
paix", elle propose une lecture de l'histoire du monument prenant en
compte l'évolution de sa symbolique jusqu'à la période actuelle, période où les
valeurs du dialogue et de la rencontre prennent le pas sur la confrontation
armée. Une présentation multimédia raconte en sept stations et sur trois
niveaux l'histoire du monument de façon contemporaine, interactive et ludique.
Elle permet de découvrir ce qui aurait pu être (les projets non réalisés), ce
qui a disparu et ce qui ne peut être facilement vu (le décor sculpté).